
La plateforme de dialogue interreligieuse NEKEMANDO a tenu ce lundi, 03 Novembre 2025, un point de presse à N’Djamena, au cours duquel son coordinateur, Bishop Amane Mamate, a exprimé de vives inquiétudes quant à la montée des tensions communautaires observées ces derniers temps au Tchad, dans le contexte du conflit qui ravage actuellement le Soudan voisin.
Fidèle à sa mission de promotion du dialogue et de la paix, NEKEMANDO appelle à la vigilance et à la responsabilité collective afin d’éviter que le Tchad ne soit de nouveau entraîné dans une spirale de divisions et de violences.
« Notre pays a déjà connu des blessures profondes, des guerres qui nous ont été imposées de l’extérieur. Nous ne devons plus répéter les erreurs du passé », a déclaré Bishop Amane Mamate, rappelant que les précédents conflits tchadiens ont souvent trouvé leurs racines dans les crises régionales, notamment celles venues de Libye et du Soudan.
S’appuyant sur un verset biblique adressé au prophète Ézéchiel « Fils de l’homme, je t’établis aujourd’hui comme sentinelle », le coordinateur de NEKEMANDO a souligné le rôle de veille et d’alerte que doit jouer la société civile, en particulier les responsables religieux, face aux signes avant-coureurs de divisions intercommunautaires.
Selon lui, certaines voix mal intentionnées chercheraient à opposer les communautés Zagawa et Arabes sur le sol tchadien, une dérive que NEKEMANDO « condamne avec la plus grande fermeté ».
« Ceux qui incitent à la haine ne seront jamais au cœur de la guerre. Ce sont les innocents qui en paieront le prix », a-t-il averti.
Le coordinateur a rappelé que la guerre en cours au Soudan « n’est pas une guerre tchadienne » et qu’il n’y a « aucune raison d’en faire un problème national ».
Tout en compatissant avec les souffrances du peuple soudanais, il a insisté sur la nécessité de préserver la paix au Tchad et d’empêcher que « les germes de cette guerre » ne se propagent sur le territoire national.
NEKEMANDO reconnaît que les populations vivant dans les zones frontalières, notamment les Arabes, Zagawa, Massalit et Ouaddaïens, partagent souvent des liens historiques et familiaux de part et d’autre des frontières coloniales. Ces relations, selon la plateforme, doivent continuer à être fondées sur la fraternité et la coexistence pacifique.
Enfin, NEKEMANDO a exhorté les leaders religieux, chefs traditionnels et acteurs communautaires à s’impliquer activement dans la prévention des conflits et la consolidation de la paix.
« Mettez-vous dans votre rôle. Vous êtes les voix respectées et écoutées. Le Tchad a besoin de vous pour préserver la cohésion nationale », a conclu Bishop Amane Mamate, en soulignant qu’il est « facile de déclencher une guerre, mais impossible d’en prévoir la fin ».
