
Les travaux du séminaire régional consacré à la relance de l’analyse conjoncturelle et sectorielle au sein de la CEMAC se sont achevés ce vendredi 21 novembre 2025, à Djibloho. Pendant cinq jours, une cinquantaine d’experts venus des six États membres (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée Équatoriale, République centrafricaine et Tchad) ont travaillé aux côtés de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), de l’Institut Sous-régional de Statistique et d’Économie Appliquée (ISSEA), de la CEBEVIRHA et du PRASAC. Des partenaires techniques tels qu’AFRISTAT et l’INSEE ont également apporté leur expertise.
Vers un cadre harmonisé d’analyse économique
Les participants ont échangé sur les bases d’un dispositif durable d’analyse conjoncturelle et sectorielle, dans un contexte international toujours marqué par des chocs exogènes – sanitaires, sécuritaires, géopolitiques, climatiques et financiers. La réactivation de ce mécanisme s’inscrit dans la volonté de la Commission de doter la CEMAC d’outils d’anticipation modernes, capables d’éclairer la conduite des politiques économiques régionales.

Au cours des sessions de travail, les Instituts Nationaux de Statistique, les Directions Générales de l’Économie, les services en charge des comptes nationaux et de la prévision ont présenté l’état d’avancement de leurs dispositifs nationaux. Les partenaires techniques ont, de leur côté, exposé les meilleures pratiques internationales et les outils mobilisables pour moderniser la production statistique.
À l’issue du séminaire, deux documents clés ont été validés :
• un canevas harmonisé de la note de conjoncture, destiné à uniformiser la production statistique nationale et régionale ;
• une note technique de référence, détaillant la méthodologie, les sources d’information et les modalités opérationnelles pour relancer durablement l’analyse conjoncturelle et sectorielle.
Un engagement fort des institutions régionales
Dans son allocution de clôture, le Commissaire de la CEMAC en charge du Département des Politiques Monétaire, Économique et Financière (DPEMF), Nicolas BEYEME NGUEMA, a salué la qualité des travaux menés et les résultats obtenus. Il a notamment mis en avant :
• l’adoption d’un canevas commun pour les notes nationales et régionales ;
• la validation d’outils de collecte harmonisés, assurant cohérence et comparabilité ;
• la consolidation de la méthodologie d’analyse ;
• l’élaboration d’une feuille de route claire, précisant responsabilités, modalités de mise en œuvre et calendrier ;
• le renforcement de la coordination entre INS, DGE, BEAC et Commission.
« Votre mobilisation souligne l’importance que vous accordez au renforcement du dispositif de suivi conjoncturel, indispensable au pilotage économique de notre communauté », a-t-il déclaré.

Plusieurs participants ont exprimé leur satisfaction. Pour Ignace Roger KAMGA (ISSEA), la relance de ce dispositif, longtemps en sommeil, contribuera à améliorer les programmes de formation et la qualité des prévisions. Mme Yolène LINDA FIKEU (INS Cameroun) a pour sa part souligné que ces avancées permettent désormais d’envisager « le lancement de la production de la note de conjoncture au Cameroun, en partenariat avec le Ministère de l’Économie et celui des Finances ».
Une feuille de route consensuelle pour moderniser la statistique économique
Les discussions ont permis de dresser un état des lieux complet des dispositifs nationaux, d’identifier les bonnes pratiques à généraliser et d’établir les premiers jalons d’une interopérabilité accrue entre les institutions nationales, régionales et internationales.
Organisé avec l’appui du projet HISWACA (Harmonisation et Amélioration des Statistiques en Afrique de l’Ouest et du Centre), le séminaire a également posé les bases d’un cadre stratégique devant permettre la production d’analyses rapides et fiables, utiles à la décision publique. Comme rappelé lors de la cérémonie d’ouverture, ce dispositif constituera « le cœur d’un écosystème de veille et d’aide à la décision s’appuyant sur les INS, les DGE, la BEAC et le DPEMF ».
Par l’adoption de cette feuille de route, les États membres de la CEMAC réaffirment leur volonté commune de renforcer la qualité des données économiques et d’améliorer la capacité de la région à anticiper les évolutions conjoncturelles.
