
Dans une déclaration solennelle adressée, ce lundi 12 mai 2025, dans les locaux de la radio FM liberté, à la presse, les membres du Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GCAP) alertent sur des menaces graves visant leur collègue Max Kemkoye et réaffirment leur refus de se soumettre au pouvoir actuel.
Dans un climat politique de plus en plus tendu, le GCAP tire une fois de plus la sonnette d’alarme. Devant un parterre de journalistes, les leaders de cette coalition de partis d’opposition ont dénoncé ce qu’ils qualifient de « harcèlement systématique » et de « tentative d’intimidation » orchestrée par le régime du président Mahamat Idriss Déby.
Le point de rupture semble avoir été atteint avec de récentes menaces proférées contre Max Kemkoye, figure de proue du GCAP, dans le sillage d’une plainte déposée il y a plusieurs mois par le Secrétariat Général du Gouvernement.
Selon le GCAP, ces menaces ne sont ni isolées ni nouvelles. La déclaration égrène une longue liste d’entraves subies : interdictions de manifestations, salles de réunion fermées, écoutes téléphoniques, pressions sur les familles de militants, surveillance constante et exclusion des médias publics.
« Dire la vérité au Tchad, c’est s’exposer à la guillotine », ont affirmé les auteurs de la déclaration, qui dénoncent une « machine de destruction » où les enlèvements, tortures et détentions arbitraires seraient devenus monnaie courante.
Plus qu’un simple plaidoyer, la déclaration sonne comme un acte d’accusation contre le pouvoir en place. Le GCAP compare le régime à une « colonie de morts dirigée par un Dracula », dénonçant une gouvernance « fondée sur la répression et la corruption ». L’assassinat de Yaya Dillo et la disparition de GAM Robert sont cités comme preuves d’un système prêt à éliminer toute opposition.
Le GCAP ne ménage pas non plus les partis politiques qui, selon lui, auraient pactisé avec le régime. Ces derniers sont accusés de détourner le regard des souffrances du peuple tchadien en échange de privilèges. « Le changement ne se négocie pas. C’est un combat du courage, de la vérité et de la volonté inlassable », martèle le groupe.
En guise de riposte, le GCAP annonce la mise en place de dispositifs technologiques pour identifier toute menace anonyme et assure qu’il exercera désormais pleinement ses droits politiques, malgré les risques. Meetings, marches, porte-à-porte : rien ne sera abandonné.
Pour conclure, la déclaration affirme que ces persécutions ne font que renforcer leur engagement : « Le destin de ce régime ne sera pas différent de ceux qui ont échoué par la peur et la violence. »
À travers cette sortie médiatique, le GCAP cherche aussi à alerter les chancelleries, les organisations de défense des droits humains et les partenaires internationaux sur les dérives du pouvoir et sur l’urgence d’agir pour protéger les voix critiques au Tchad.
