
Le Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GCAP) a exigé, ce samedi 21 juin 2025, la démission immédiate du ministre de la Sécurité publique, Ali Ahmat Akabach, à la suite de déclarations controversées tenues lors d’une mission officielle à Abéché, dans la province du Ouaddaï, région du Molou. Le ministre aurait qualifié des prisonniers de « cafards » et de « criminels » dans un contexte de violences meurtrières récentes dans la zone.
Dans une déclaration publique, le porte-parole du GCAP, Max Kemkoye, a vivement condamné ces propos, estimant qu’ils sont indignes d’un responsable de l’État. « Nos militaires, gendarmes, gardes nomades et policiers ne sont pas perçus par les civils tchadiens comme des agents de mort. Ils ne sauraient être transformés en instruments de répression aveugle au service d’un ministre qu’on utilise pour tuer », a-t-il affirmé.
Le GCAP, qui regroupe une dizaine de partis politiques, appelle le gouvernement à assumer pleinement sa mission de protection des citoyens et de leurs biens. Il invoque à cet effet des dispositions précises du Code pénal tchadien. L’article 170 prévoit en effet des sanctions contre tout fonctionnaire ou agent public qui ordonnerait un acte arbitraire ou portant atteinte aux libertés individuelles ou à la Constitution. Des peines allant de six mois à cinq ans de prison et des amendes pouvant atteindre 5 000 000 FCFA sont prévues. Le groupe s’appuie également sur les articles 527, 528 et 529 du Code de procédure pénale, qui encadrent les poursuites contre les membres du gouvernement.
Pour le GCAP, l’attitude du gouvernement face à ces événements illustre une « carence et une irresponsabilité » institutionnelles graves, susceptibles de plonger le pays dans le chaos. « Avec le gouvernement actuel, notre pays avance dangereusement vers le désordre sans aucun frein », a prévenu Max Kemkoye.
Face à cette situation, le GCAP demande non seulement la démission immédiate du ministre de la Sécurité publique, mais également l’ouverture d’une information judiciaire en urgence. Il appelle par ailleurs le président de la République, Mahamat Idriss Déby Itno, à prendre ses responsabilités pour éviter que la situation ne dégénère davantage.
