
La transformation numérique de l’administration fiscale tchadienne est en marche. Mais au-delà des avancées annoncées, la question de l’accessibilité et de l’appropriation des nouveaux outils reste au cœur des préoccupations.
Ce mardi 24 mars 2026 au siège de l’Office national des médias audiovisuels (ONAMA), avocats, notaires, médecins et ingénieurs ont pris part à un atelier de formation initié par la Direction générale des impôts (DGI). Objectif : mieux comprendre et maîtriser les outils numériques désormais au centre des procédures fiscales.
Télé-déclaration, télépaiement via la plateforme E-TAX, facturation électronique normalisée… autant d’innovations censées simplifier les démarches administratives, limiter les déplacements et renforcer la transparence dans la collecte des recettes publiques. Une évolution saluée par les participants, qui y voient un gain de temps et d’efficacité dans leurs interactions avec l’administration.

Mais cette modernisation soulève aussi des défis concrets. Pour plusieurs intervenants, l’accès inégal à Internet et à l’électricité, notamment dans les zones rurales, pourrait freiner l’adoption de ces dispositifs. Un enjeu majeur dans un pays où les infrastructures numériques restent encore en développement.
« L’initiative est salutaire, mais elle nécessite une adaptation progressive », a souligné un représentant d’ordre professionnel, insistant sur la nécessité d’accompagner les contribuables dans cette transition. L’émergence de technologies comme l’intelligence artificielle, évoquée lors des échanges, illustre par ailleurs l’ampleur des mutations en cours.

Du côté des professionnels du droit et des services, cette formation est perçue comme une opportunité de montée en compétences. Elle devrait permettre une meilleure utilisation des outils numériques dans leurs activités quotidiennes, tout en facilitant leurs obligations fiscales.

Pour la Direction générale des impôts, cette réforme s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation de l’État et d’amélioration de la mobilisation des ressources internes. Soutenue par plusieurs partenaires internationaux, la digitalisation des procédures fiscales est progressivement déployée depuis 2022.
Si les ambitions sont clairement affichées, le succès de cette transition dépendra toutefois de la capacité à réduire la fracture numérique et à accompagner efficacement les contribuables. Entre innovation et réalités du terrain, la digitalisation fiscale au Tchad avance, mais à un rythme qui devra s’adapter aux contraintes du pays.
